Le Véhicule Poste de Commandement (VPC), l’outil du COS

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L’exercice du commandement appartient au Commandant des Opérations de Secours (COS), c’est un exercice complexe et difficile à maitriser. Pour l’accompagner dans son raisonnement celui-ci peut s’appuyer sur des fonctions prises par d’autres officiers mais aussi sur un engin : le Véhicule Poste de Commandement (VPC).

Généralités

Lorsque nous parlons de commandement, notre vision nous renvoie directement vers son vecteur le véhicule. En effet, très médiatisé et lieu d’échanges et de rencontres, le véhicule poste de commandement est le lieu incontournable pour la prise d’information sur une opération. Ces caractéristiques lui ont permis de bénéficier d’un joli surnom pour les gourmands en GOC, la « Baraque à frites » !

Sa forme d’utilitaire cubique très utilisé au sein des Services d’Incendie et de Secours a permis ce rapprochement. Mais détrompez-vous, on n’y sert pas des frites mais du raisonnement tactique opérationnel. Le véhicule poste de commandement sert de base arrière à la réflexion, l’organisation et l’anticipation de l’opération. Il se décline a minima en 2 versions : le niveau colonne et le niveau site, avec des fonctions évolutives par rapport au sinistre.

Nota bene :  selon le GDO GOC, lorsque le chef de groupe conserve le COS à son niveau, son véhicule constitue le poste de commandement de l’opération (niveau 1).

Organisation et modularité

Le Poste de Commandement, niveau colonne

Le commandant des opérations de secours s’engage sur opération avec sa chaine de commandement et son outil : le véhicule poste de commandement. L’ensemble est composé du COS, d’un officier renseignement, d’un officier moyens, d’opérateurs PC (si le SIS le décide) et de chef(s) de groupe et/ou chef(s) de colonne.

L’officier renseignement

Pour accompagner le COS dans son raisonnement tactique opérationnel, l’officier renseignement et l’officier moyen sont ses bras armés au sein du VPC.

L’officier renseignement a un rôle important au sein du PC de colonne car les forces vives au sein de celui-ci sont maigres, de ce fait il doit être un animateur aux côtés du COS et l’épauler dans l’organisation et la conduite du poste de commandement.

Missions : 

  • Le recueil de toutes les informations utiles à l’opération ;
  •  L’analyse de la zone d’intervention ;
  • Dessiner la situation tactique du COS ;
  • Préparer les messages de renseignement sur la base du raisonnement et tenir à jour le suivi des messages ;
  •  Renseigner le CODIS au profit du COS ;
  • Assurer la continuité du PC en l’absence du COS.

L’officier moyens

Missions : 

  • Le positionnement du VPC sur l’opération ;
  • Rédiger et tenir à jour l’OCT ;
  • Prendre en compte les moyens engagés avec l’officier CRM/PT ;
  • Suivre le tableau des moyens avec le CODIS ;
  • Engager les moyens sur l’opération ;
  • S’assurer du suivi logistique et humain sur opération.

« Un croquis clair, complété par des explications simples, qu’on emporte avec soi, vaut mieux qu’un écrit, toujours source d’interprétation voire d’erreurs, et vaut encore mieux que des paroles que l’on oublie. » (Napoléon Bonaparte)

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Qu’est ce qu’un OCT, un OPT ?

Dans l’exercice du commandement, l’ordre de transmission est divisé en 2 catégories :

  • l’Ordre Complémentaire de Transmission (OCT) réalisé sur le terrain ;
  • l’Ordre Particulier de Transmission (OPT) lorsqu’il est planifié.  

Leurs objectifs, définir les niveaux hiérarchiques de communication sur opération.

GDO Exercice du commandement p. 63

Lorsque l’opération devient dimensionnante (au-delà de 4 groupes) ou technique, le COS agrandit son entourage opérationnel avec l’officier Action et l’officier Anticipation et passe au niveau PCS. Le COS change de main avec un chef de Site.

Le Poste de Commandement, niveau site

Le sinistre devient dimensionnant ou l’est déjà et faut-il donc augmenter la coordination de l’intervention ? Le niveau site est là. Il ne s’agit pas d’un teaser du futur « Star Wars » mais bel et bien de conduite opérationnelle. 

Ce niveau site peut être également engagé de manière réflexe (ETARE par exemple) pour certaines interventions de grande ampleur qui nécessiteront une gestion opérationnelle particulière et sera armé d’officiers supplémentaires, par rapport au niveau colonne.

Le Chef du PC de site

A l’activation du PC de site, un chef du PC de site est engagé. Son objectif principal est de coordonner les fonctions du PC.

Il est également le bras droit du COS. D’une qualification opérationnelle de chef de site, cet officier sera le chef d’orchestre du PC.

Il assurera le contrôle et le suivi des opérations commandés par le COS.

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L’officier Action

L’officier Action prend à sa charge une partie des missions de l’officier renseignement. De ce fait, il se charge de l’actualisation de la zone d’intervention et de la Situation Tactique. Il est également le lien privilégié avec le terrain (chefs de secteurs).

L’officier Anticipation

L’anticipation se décline en deux formes pour couvrir le large spectre d’une intervention. Nous retrouvons :

  •  L’anticipation réflexe ;
  •  L’anticipation réfléchie.

Nous aborderons ci-dessous principalement l’anticipation réfléchie, prise en compte par la fonction d’officier anticipation.

L’anticipation réflexe doit être mise en œuvre par tous les COS, afin d’envisager une situation à court terme.

L’officier Anticipation a un rôle de « visionnaire », il doit proposer les situations envisageables dans le cadre de l’opération et des idées de manœuvres au COS. Il anticipe l’évolution du sinistre, réfléchit à la manoeuvre future et répond à la question : « qu’est ce que je ne veux pas qu’il m’arrive ? ». L’effet à obtenir est de garder l’initiative sur le sinistre.

Il dispose de 3 tableaux pour l’aider dans l’analyse :

  • Les Situations Envisageables pour présenter visuellement les potentielles conséquences d’un sinistre selon des horaires (Bon à savoir : nous vous encourageons à respecter les couleurs de la charte graphique sur ces tableaux) ;
  • Les Idées de Manœuvre (IM), dans le but d’exposer des méthodes d’action avec la balance avantages/inconvénients ;
  • Les Différentes Tâches à Accomplir (DTA), afin de répertorier les tâches à mettre en œuvre pour la réussite de l’IM.

Les experts sont également rattachés à cet officier pour l’accompagner dans l’accomplissement de ses tâches. Nous entendons par officiers experts : le spécialiste SILO, le spécialiste NRBC, GRIMP/SMPM, USAR, etc.

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Les appuis du COS

Le COS s’appuie également sur des experts métiers pour son développer son raisonnement tactique. Par exemple, le spécialiste apportant un conseil technique, l’officier communication, l’officier sécurité, etc.. Le terrain commande c’est-à-dire qu’il définira les besoins en expertise pour le COS. Les fonctions sont diverses et variées (Recherche des Causes et Circonstances d’Incendie, Officier Prévention pour les Etablissements Recevant du Public, Officier logistique, Dessinateur opérationnel, etc.).

Comme évoqué précédemment, ces experts sont rattachés à l’officier anticipation pour un niveau Site mais ils dépendent directement du COS au niveau Colonne.

Nous vous listons quelques fonctions qui dépendront de vos SIS respectifs.

L’officier de Liaison

L’officier de liaison a un rôle dans la continuité du partage d’information entre les services. Cette fonction s’apparente à celle d’un interprète qui a pour objectif la fluidité et le partage d’informations entre les services extérieurs et le COS. Celui-ci peut être sur le terrain de l’opération aux côtés des autres services (SAMU, FSI, Préfecture) ou en délocalisé au sein des organisations de commandement (POI, PCO, COD).

L’officier CRM, PT ou ZRM

Il accueille les engins engagés sur l’opération. Il est en lien direct avec l’officier moyens et réalise avec celui-ci, la balance des moyens entre ceux présents et ceux demandés par le COS. De par son rôle d’accueil, il est au plus proche de l’opération.

L’officier Sécurité

Celui-ci est défini dans le GDO incendies de structures : « Lors des interventions, la sécurité est assurée par le COS. Dans certaines circonstances, cette partie de l’opération peut être confiée à un gradé dédié appelé « officier sécurité »« .

Il n’y a pas de trame fixe sur ses missions, mais il appuie le COS sur la santé et la sécurité des SP engagés sur opération. L’officier sécurité crée un binôme avec l’officier santé, leur relation est importante. Il est donc nécessaire de travailler en amont avec ces deux fonctions. 

Nous vous proposons une liste non exhaustive de missions pour l’officier sécurité :

  • Prise d’information et des objectifs auprès du COS ;
  • Reconnaissance 360° de la zone d’intervention ;
  • Analyse / évalue les risques pour les intervenants ;
  • Rend compte au COS ;
  • Suit la gestion des EPI et organise un lieu de soutien aux intervenants.
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L’officier Presse ou Communication

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Engagé sur les opérations avec un fort impact médiatique, l’officier communication répond, sous les ordres du COS et en lien avec le DOS, aux sollicitations des médias.

En prise directe avec la presse, il s’efforce d’expliquer de manière claire et simple les actions des sapeurs-pompiers engagés sur l’opération. 

Celui-ci peut s’appuyer sur des éléments factuels visuels comme des images de drones ou un dessin opérationnel pour illustrer la situation. Soyez vigilant à la diffusion d’une SITAC, celle-ci renferme des éléments peu compréhensibles au grand public.

L’officier communication ou le communicant doit impérativement préparer en amont son communiqué. Raccrochez-vous au contexte, aux éléments avérés et vérifiés. 

Ne vous faites pas piéger en fuyant les médias ou en voulant apaiser ou diminuer la gravité.

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L’officier communication peut proposer au COS la mise en place d’un VPC dit « miroir » pour accueillir les autorités et les médias. L’objectif étant de proposer un lieu d’échanges et d’informations pour les points de situation, sans gêner le travail du VPC « opérations ».

Contrôlez votre image pour éviter les dérives et les prises de vues intempestives.

Cette posture a été adoptée lors du feu de Notre-Dame de Paris, mais également au cours des opérations FDF de grande envergure.

Le dessinateur opérationnel

Fonction support visuelle au COS pour l’aider dans la compréhension de la zone d’intervention et des enjeux présents sur opération. Le dessinateur opérationnel apporte au COS un regard complémentaire au matériel robotisé, tel que les drones. Sa liberté et son expertise en architecture permet de mettre en lumière les points clefs de l’intervention.

Le Feu – partie 8 : La lecture batimentaire chez les sapeurs-pompiers

Un fonctionnement hybride : le véhicule poste de commandement tactique de la BSPP

A la BSPP, chaque groupement d’incendie et de secours arme un VPC TAC. Il est composé des personnels suivants :

  • Un officier poste de commandement (OPC – équivalent chef de colonne) ;
  • Un sous-officier supérieur fonctions « moyens » ;
  • Un sous-officier « renseignements-synthèse » ;
  • Un militaire du rang opérateur radio ;
  • Un militaire du rang conducteur ;

L’officier supérieur de garde groupement (chef de site) peut demander un « renfort poste de commandement » qui comprend un second VPC et plusieurs officiers. En fonction de l’intervention et indépendamment de ce renfort, plusieurs officiers experts ou environnement peuvent être dépêchés.

En conclusion

Le caractère singulier de nos interventions nous demande de plus en plus d’expertise dans des domaines variés. Le COS s’entoure de compétences spécifiques pour appuyer son raisonnement tactique opérationnel. La décision finale relève des compétences du COS et son environnement opérationnel l’accompagne dans sa prise de décision. Leur objectif est d’éclairer sa prise de décision pour mener à bien la réussite de l’opération.

“Si on a pris le soin de bien s’entourer, le collaborateur responsable prend 99 fois sur 100 la décision que vous auriez souhaitée, voire, de temps à autre, une décision meilleure.” (Jacques CHIRAC)

Sources :

GDO Exercice du commandement

Mémento ENSOSP Chef de groupe, Chef de colonne et Chef de site

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