Si je vous dis « Gallego », les plus anciens d’entre nous, ou les passionnés de secours routier, vont penser aux premiers outils hydrauliques manuels de désincarcération (pinces, écarteurs…). En effet, ils ont été conçus au début des années 70 par José (dit Joseph) Gallego, garagiste de Sisteron (04).

Vous pourrez trouver sur Rescue18 des articles consacrés au secours routier, mais ce ne sera pas l’objet du présent article comme indiqué dans son titre !
Ainsi, je vous emmène en Galice, région du Nord Ouest de l’Espagne, parfois qualifiée de Bretagne espagnole, car Gallego désigne en effet la langue régionale parlé en Galice, mais aussi le nom, le « gentilé », de ses habitants.
Rescue18 a consacré un article à la ludopédagogie, en janvier 2025, par la voix de son auteur Jérémy Bouchez. Il s’agissait de traiter des « serious game » ou jeux sérieux qui concilient une approche ludique et un réel apprentissage. Les supports utilisés sont divers : jeux de cartes, jeux de plateau, supports vidéo, outils numériques, etc … En ce qui concerne la formation au commandement des opérations de secours, si ces outils permettent de ne pas mobiliser une débauche de moyens sur le terrain, ils doivent rester crédibles aux yeux des acteurs opérationnels. Difficile en effet de rester imaginatif face à une carte topographique, des images et quelques post it, censés matérialiser des lieux, des moyens ou des ressources !
Cette description est d’autant plus intéressante que nos collègues d’outre-Pyrénées se forment à la gestion opérationnelle et au commandement (GOC) sur la base de référentiels français. C’est ainsi que bon nombre d’entre eux passent par l’ENSOSP pour se former. En espagnol, le GOC devient « GOM » pour Gestión Operativa y Mando. Ainsi le PMA n’a rien de médical en Espagne puisqu’il s’agit du « Puesto de Mando Avanzado » (Poste de Commandement Avancé).
Patxi Mariño, un pompier espagnol de Galice, a parfaitement intégré ce type de besoins et les contraintes associées. Je vous propose donc dans cet article une interview de l’intéressé pour décrire son approche et l’outil original qu’il a conçu : « Disastercity ».
Patxi est chef de groupe au sein du Consortium provincial d’incendie et de secours de Pontevedra (Galice). Très présent sur les réseaux sociaux, il y partage des réflexions, des supports de formation et des contenus liés au leadership et à la gestion des urgences. Il s’implique aussi depuis peu dans l’usage opérationnel des drones. Nous le remercions de nous avoir accordé de son temps
¡ Muchas gracias Patxi !

Hola Patxi, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?
“Je suis sergent-chef de la caserne de pompiers d’O Morrazo, au sein du Consortium provincial d’incendie et de secours de Pontevedra. Vous trouverez des informations sur mon parcours professionnel et éducatif sur différents canaux en ligne, où je partage des réflexions, des supports de formation et des contenus liés au leadership et à la gestion des urgences.
En tant que commandant opérationnel, je dirige et supervise directement les interventions sur notre territoire (province de Pontevedra), garantissant la sécurité des équipes, l’efficacité des interventions et la coordination avec les autres services participants. Je suis également responsable de la gestion interne du service d’incendie : organisation du personnel, planification, maintenance, etc. En dehors du travail, je consacre une part importante de mon temps à la formation des cadres intermédiaires, en concevant et en dispensant des programmes spécifiques axés sur la gestion opérationnelle et le commandement, le leadership, la communication tactique et la prise de décisions sous pression. Ces formations ont été développées tant au niveau provincial que dans des institutions nationales de premier plan, telles que l’Académie galicienne de sécurité publique (AGASP), l’École nationale de protection civile et divers services d’incendie en Espagne. Je suis également à l’origine du projet DisasterCity®, une formation innovante pour les commandants de pompiers, basée sur des simulations avec des modèles réalistes, qui s’est imposée comme un outil pédagogique à fort impact.
Cette initiative est complétée par une diffusion en ligne via des vidéos, des infographies et de courtes réflexions visant à transformer les connaissances théoriques en apprentissages utiles et applicables. Mon approche allie expérience opérationnelle concrète et mission pédagogique claire : former des leaders, et pas seulement se concentrer sur l’aspect technique. Car dans notre métier, les outils sauvent des vies, mais les leaders sauvent les équipes.“
Quelles sont les caractéristiques de ta zone d’intervention ?
“En tant que sergent-chef de la caserne des pompiers d’O Morrazo, ma priorité est la région d’O Morrazo, dans la province de Pontevedra. Ce territoire comprend des communes densément peuplées, des zones rurales dispersées, une importante couverture forestière et une intense activité industrielle et portuaire.
Cependant, en tant que chef de service provincial, mon champ d’action s’élargit et j’assume la responsabilité opérationnelle d’un territoire bien plus vaste, englobant les régions d’O Morrazo, d’O Salnés et d’O Baixo Miño. Ce champ d’action élargi implique la coordination, la supervision et le soutien des différentes casernes de pompiers déployées dans ces trois régions, notamment en cas d’urgences ou d’activations exceptionnelles. La diversité des environnements de ces régions – du centre historique de Tui ou de la zone industrielle d’O Porriño aux zones touristiques comme Sanxenxo ou aux centres urbains comme Vilagarcía de Arousa – exige une très grande polyvalence technique, tant en termes de ressources que de commandement. Par conséquent, le rôle du chef de service est non seulement tactique, mais aussi stratégique, assurant la continuité du service, optimisant les ressources disponibles et activant le soutien entre les casernes ou autres services d’incendie lorsque la situation l’exige.
Ce type de structure décentralisée mais coordonnée nous permet d’offrir une réponse efficace et professionnelle dans un territoire géographiquement complexe mais très exigeant en termes de sécurité citoyenne.“
Comment sont organisés les pompiers en Espagne ? Une mosaïque pouvant paraître complexe
“L’organisation des pompiers en Espagne et les particularités du modèle galicien sont les suivants :
En Espagne, les services de prévention, d’extinction d’incendie et de secours (SPEIS : Servicios de Prevención, Extinción de Incendios y Salvamento) sont organisés selon un modèle entièrement décentralisé, conformément à la répartition des compétences établie par la Constitution et les statuts d’autonomie. Ils comprennent trois principaux niveaux de service :
- Les services municipaux, gérés directement par les conseils municipaux, notamment dans les grandes villes.
- Les services provinciaux, fournis par l’intermédiaire de conseils provinciaux ou de consortiums spécifiques.
- Les services régionaux, dans les territoires où la communauté autonome assume une compétence directe.
Chaque administration responsable du service assume la responsabilité de son financement, de l’allocation des ressources, de la gestion du personnel, de l’élaboration de la réglementation et de la planification opérationnelle. Cette décentralisation permet d’adapter la structure du service aux caractéristiques géographiques, démographiques et de risque de chaque territoire, mais entraîne également des différences de conditions de travail, de procédures et de capacités opérationnelles selon les territoires. La Galice possède une structure unique et complexe, résultant de sa dispersion territoriale et de la nécessité de garantir la couverture des zones rurales à faible densité de population. Le système galicien est constitué d’une mosaïque d’entités et d’organismes opérationnels qui coexistent et interviennent à différents niveaux :
- 7 parcs municipaux correspondant aux grandes villes et 3 dans de plus petites villes.
- 4 consortiums provinciaux, un pour chaque province (La Corogne, Lugo, Ourense et Pontevedra).
- 1 consortium régional.
- Différents Groupes d’Urgence Supra municipaux avec des fonctions de première intervention dans les municipalités dépourvues de caserne de pompiers professionnels.
- Des services professionnels de Protection Civile, mis en place dans certaines localités avec leurs propres structures de première intervention.
- Des groupes de volontaires de la protection civile, qui agissent en tant que soutien dans les tâches de logistique, de prévention et de collaboration opérationnelle.
- Un Service de Prévention et de Défense des Incendies de Forêt, dépendant du Ministère de l’Environnement Rural, est chargé de lutter contre les incendies de forêt, notamment pendant la saison estivale.
Ces structures plurielles et complémentaires impliquent un besoin important de coordination interinstitutionnelle, d’interopérabilité technique et de formation conjointe.“

Comment est né ton attrait pour le management et pour la gestion opérationnelle ?
“Le projet de formation GOM (Gestion et Commandement Opérationnels) est né au sein de l’Association Professionnelle des Techniciens Pompiers (APTB) en collaboration avec l’ENSOSP, sous l’impulsion et la direction d’Ignacio García, directeur des opérations du SPEIS (Institut de Formation Scientifique et Technique) de Bilbao. Il a été le premier promoteur de cette initiative, dont l’objectif était de professionnaliser le poste d’encadrement intermédiaire au sein des services d’incendie, en leur fournissant des outils opérationnels et de gestion applicables aux situations réelles.
Pour ma part, j’ai relevé le défi de poursuivre le projet dans une perspective pédagogique renouvelée : intégrer l’utilisation de maquettes comme outil de formation central. Grâce à des environnements de simulation immersifs, ils reproduisent des scénarios d’urgence réels. Cette approche nous a permis d’atteindre un niveau d’apprentissage spectaculaire, très difficile à atteindre par des méthodes théoriques ou traditionnelles.

Concernant le leadership, je le considère comme une compétence stratégique, mais historiquement négligée dans notre domaine. J’ai constaté qu’il existe peu de formations spécifiques au leadership au sein des services d’incendie, ce qui génère une perception très négative de sa pratique. Il y a beaucoup de chefs, mais peu de leaders. Un véritable leadership exige non seulement une autorité formelle, mais aussi la capacité d’influencer, de communiquer, de susciter la confiance et de diriger face à l’incertitude.
Conscient de cette lacune, j’ai fait de l’étude du leadership une pratique quotidienne.
Je lis quotidiennement des articles sur la psychologie, la communication, l’intuition, la gestion des émotions, le comportement humain… et, surtout, je réfléchis à la manière de traduire ces lectures dans le contexte opérationnel des services d’urgence. Ce processus donne également naissance aux infographies et vidéos DisasterCity, qui synthétisent les principaux enseignements pour les commandants opérationnels en messages clairs, concis et directs.

Un visuel percutant pour les professionnels engagés.
En effet, diriger en situation d’urgence ne s’improvise pas et nécessite de s’entraîner. Il faut pour cela un espace où le leadership se pratique, se corrige, se renforce… et, au final, s’exerce avec confiance et discernement au moment le plus crucial.“
Parlons plus en détails de cet outil de formation que tu as conçu : « DisasterCity »

« Le projet DisasterCity est au cœur du programme de formation GOM (Commandement et Gestion Opérationnelle). Il offre un environnement de simulation hautement réaliste à travers une maquette de ville miniature, conçue pour recréer des scénarios critiques : incendies industriels, effondrements de structures, accidents multiples, attentats terroristes ou fuites de substances dangereuses. Chaque intervention simulée permet aux participants d’incarner des commandants opérationnels et de prendre des décisions sous pression, dans un environnement sûr mais exigeant. »

Un visuel puissant aux couleurs intenses et symboliques.
Comment sont conçues les maquettes ?
« Elles sont réalisées à partir de matériaux tels que le bois, le PVC, le carton mousse et l’impression 3D, permettant ainsi de représenter avec précision des environnements urbains et ruraux. Le souci du détail et la possibilité de recréer diverses situations d’urgence font de DisasterCity un outil précieux pour la formation des commandants. Les maquettes utilisées dans le projet DisasterCity sont entièrement réalisées à la main, alliant scénographie théâtrale, modélisation architecturale et technologie appliquée. La ville miniature est structurée en modules transportables de 120 x 60 cm, permettant son assemblage, son transport et sa réorganisation selon le type d’exercice ou les besoins de l’espace disponible. Cette configuration modulaire est essentielle pour préserver la polyvalence du système et pour garantir sa mise en œuvre dans différents environnements de formation, aussi bien en salle de classe qu’en caserne de pompiers.

Les pompiers interviennent au pied d’un immeuble en flammes.
Chaque module peut intégrer les fonctionnalités suivantes :
- Éclairage intérieur des bâtiments, permettant d’effectuer des travaux dans des conditions de visibilité réduite ou de nuit.
- Éclairage public extérieur, pour simuler des zones urbanisées ou rurales avec différents niveaux de développement.
- Effets de feu et de fumée contrôlés, générés en toute sécurité à l’aide d’une technologie de simulation, recréant des scénarios d’incendie, d’effondrement ou d’atmosphère contaminée.
La conception du modèle suit une approche didactique et fonctionnelle : chaque zone de la ville est soigneusement planifiée pour permettre une sectorisation logique, la création d’itinéraires opérationnels, l’identification de points critiques (tels que les cours intérieures, les toits, les points d’accès complexes, les structures effondrées) et les défis visuels qui obligent le commandant à interpréter la scène progressivement, comme cela se produit lors d’une intervention réelle.
La durée de construction dépend de la complexité et du nombre de modules inclus. La réalisation complète d’une maquette composée de huit modules fonctionnels peut nécessiter jusqu’à six mois de travail continu, compte tenu du niveau de détail élevé, de la conception technique de chaque bâtiment ou infrastructure et de l’intégration des systèmes électriques et visuels.
Chaque maquette n’est pas seulement une ressource visuelle, mais un outil pédagogique opérationnel reproduisant avec réalisme les environnements les plus exigeants auxquels un commandant de pompiers peut être confronté. Sa construction requiert donc une combinaison de vision pédagogique, de créativité, de connaissances techniques et opérationnelles, et de passion pour l’enseignement.
L’utilisation de maquettes dans la formation des pompiers s’inscrit dans la méthodologie des jeux sérieux, qui appliquent des mécanismes ludiques à l’éducation et à la formation. Cette approche permet aux participants de vivre des situations d’urgence de manière immersive, facilitant ainsi l’acquisition de compétences essentielles telles que la prise de décision, la communication efficace et le leadership sous pression.

L’efficacité de cette méthodologie a été reconnue par diverses institutions et publications spécialisées. Par exemple, un article intitulé « Les jeux sérieux comme outil de formation pour les commandants de pompiers » souligne comment la gamification et l’utilisation de simulations réalistes contribuent au développement de compétences clés en situation d’urgence.
Par ailleurs, l’utilisation de modèles comme DisasterCity dans la formation des pompiers a été adoptée par plusieurs services d’urgence espagnols, notamment le Consortium provincial des sapeurs-pompiers de Malaga, pionnier de l’intégration de cet outil dans ses programmes de formation à la gestion opérationnelle et au commandement. C’est également le cas de la Mairie de Valence, pour laquelle nous fabriquons un modèle de 5 mètres de long.“
Comment s’organise une session de formation ?
“Les formations durent généralement trois jours, mais leur structure est entièrement adaptable aux besoins, aux horaires et aux spécificités de chaque corps d’incendie candidat. Cette flexibilité permet d’intégrer les formations aux programmes de formation internes des services d’incendie et de secours, en adaptant le contenu et le niveau de difficulté au profil professionnel du groupe participant.
Le programme comprend trois niveaux de formation distincts, qui reproduisent fidèlement la structure hiérarchique et fonctionnelle du commandement opérationnel en situation d’urgence :
• Chef d’équipe : premier intervenant, généralement un caporal, chargé de prendre les décisions initiales avec un ou deux véhicules et jusqu’à huit pompiers sous ses ordres.
• Chef de groupe : profil intermédiaire (généralement un sergent ou un officier) qui coordonne plusieurs unités dans un même scénario, avec la nécessité d’une sectorisation tactique et d’un déploiement structuré.
• Chef du Poste de Commandement Avancé (PMA) : rôle de haut niveau, responsable de la gestion globale des urgences, de la coordination interinstitutionnelle et de la prise de décision stratégique.
Chaque élève assume le rôle de commandement correspondant et n’a qu’une vue partielle de la scène, simulant la vue réelle qu’il aurait à la sortie du véhicule d’intervention.
À partir de cette vue limitée, il doit :
- Réaliser l’évaluation initiale.
- Donner des ordres opérationnels et sectoriser.
- Gérer les ressources et coordonner les renforts.
- Communiquer en temps réel par radio avec le reste de l’équipe.
- Prendre des décisions sous pression et prévoir les relèves de commandement si nécessaire.
Le reste du groupe participe en tant qu’observateur actif, notant les décisions, les erreurs et les réussites de ses camarades. À la fin de chaque simulation, un compte rendu technico-opérationnel est organisé, analysant les critères appliqués, les points forts et les pistes d’amélioration.
Ces analyses approfondissent également les aspects transversaux fondamentaux du leadership opérationnel : communication claire, gestion émotionnelle, pression environnementale, coordination avec les autres managers et contrôle de l’équipe dans des situations changeantes.
De plus, les sessions GOM vous permettent de simuler des procédures spécifiques, telles que :
- La mise en place de systèmes de communication inter-parcs et de réseaux radio.
- Le déploiement des procédures opérationnelles.
- Gestion des changements de commandement en milieu d’intervention.
- Organisation tactique par secteurs et délimitation des zones d’exclusion.
- L’intégration des autres services d’urgence (santé, forces de sécurité, protection civile…)
En bref, la formation ne se limite pas à former des managers, elle forme également des leaders opérationnels capables de s’adapter, de prendre des décisions, de communiquer et de coordonner sous pression. Car, lorsque tout le reste échoue, le leadership est la première ressource d’urgence.“
Peux-tu nous faire part de ton retour d’expérience sur ces formations et sur DisasterCity ?

Les Serious Games placent les participants au cœur de l’action.
“Le programme a rencontré un succès considérable dans le domaine de la formation opérationnelle des commandants de sapeurs-pompiers en Espagne, s’imposant comme une méthodologie pratique, efficace et reproductible dans divers contextes professionnels. À ce jour, plus de 500 professionnels, dont des cadres intermédiaires, des secouristes, des techniciens d’urgence et des agents de la protection civile, ont participé à des formations utilisant ce modèle. Ces formations ont suscité un vif intérêt dans diverses régions et institutions de premier plan, où le format a été adapté à leurs besoins spécifiques :
• Académie de Sécurité Publique de Galice.
• École Nationale de Protection Civile (ENPC) – À Madrid, avec des sessions destinées aux commandants de sapeurs-pompiers de tout le pays. La méthodologie du modèle a été particulièrement appréciée pour sa capacité à recréer des situations complexes sans prendre de risques réels.
• Province de Cáceres où des cours ont été dispensés visant à professionnaliser les cadres intermédiaires, en mettant l’accent sur la prise de décision opérationnelle et le leadership dans les interventions à grande échelle.
• Conseil provincial de Badajoz – Dans le cadre d’un programme global de modernisation des compétences de commandement, le modèle GOM avec maquette est utilisé pour former des compétences transversales telles que la communication opérationnelle, la gestion du stress, la coordination multi-agences et les transferts de commandement.
Activités de formation interne – Le modèle a également été reproduit et adapté dans les parcs et les consortiums qui ont demandé des sessions personnalisées, permettant un travail direct sur les procédures opérationnelles et les structures hiérarchiques spécifiques à chaque région.“
Cours GOC niveau 1 Académie de sécurité publique de la Galice
Et pour l’avenir proche ?
“Je pense que la démarche GOC/GOM n’est pas seulement une méthodologie ; c’est une véritable culture opérationnelle, une façon de concevoir le commandement, non pas sur la base d’un grade détenu, mais comme une responsabilité qu’on peut s’approprier en se formant. Une philosophie fondée sur un principe simple mais puissant : s’entraîner à réagir et à prendre des décisions comme on les vivra sur le terrain. Dans le contexte d’une situation d’urgence, où chaque minute compte, seule une préparation en amont garantit une intervention efficace et sûre.
L’objectif de ce modèle est donc clair : professionnaliser le rôle du leadership opérationnel en lui fournissant des outils concrets et des scénarios réalistes, conçus pour fonctionner sous pression. L’improvisation gratuite et l’autorité imposée sont interdites. Le leadership se forme par la confiance, le jugement et l’expérience accumulée, avec une attention particulière portée à la prise de décision dans l’incertitude, à la communication claire, à la gestion des émotions et au travail d’équipe.
Les maquettes DisasterCity ne sont pas des jouets : ce sont de véritables terrains d’entraînement tactique et émotionnel. Chaque erreur commise n’a aucune conséquence physique, mais elle est porteuse d’enseignement. Chaque décision prise dans ce modèle prépare le commandant à prendre la bonne décision au moment opportun dans la vie réelle. Par conséquent, l’apprentissage dans cet environnement n’est pas seulement complémentaire, mais essentiel.
Ce modèle s’est avéré évolutif, adaptable et reproductible auprès de différents services, territoires et profils professionnels. Et nous continuons à progresser. Nous élaborons actuellement un nouveau modèle de huit modules pour le service d’incendie de la mairie de Valence, l’un des services urbains les plus actifs du pays. Ce projet représente une nouvelle étape vers la consolidation de l’approche GOM comme outil structurel de formation au leadership, et non plus comme une simple expérience ponctuelle.
Dans un monde où les situations d’urgence évoluent, nous ne pouvons pas continuer à former des leaders avec des méthodes du passé. La méthode GOM représente à la fois le présent et l’avenir. Un avenir où le leadership ne s’impose pas, il se construit et où la préparation n’est pas une option, mais une obligation morale. Chaque leader formé se rapprochera de la capacité à sauver des vies grâce à son jugement, avec sérénité et efficacité.“
Merci encore pour ce témoignage Patxi et pour le temps que tu nous accordé pour Rescue18. Nous avons découvert un outil pertinent et innovant. Nous avons eu aussi le plaisir de découvrir son concepteur, passionné, très professionnel, soucieux de former et de transmettre des connaissances et des valeurs. Des qualités sans lesquelles il serait vain de servir l’intérêt général et le service public.
Pour mieux connaitre Patxi :
Photos : Patxi Mariño
Traduction : Gilles Mengual
- Bomberos : pompiers
- Liderazgo : direction, leadership




















